État du GEO en Belgique 2026, premier baromètre
Premier baromètre GEO belge, 50 marques mesurées sur 6 LLMs. 80% des verticales B2B BE sont vides côté llms.txt et Schema.org structuré. La fenêtre first-mover est ouverte.
Méthodologie du baromètre
Notre baromètre interroge six moteurs de reponse grand public (ChatGPT, Claude, Perplexity, Gemini, Mistral, Copilot) sur 200 prompts cibles répartis sur 50 marques belges. Chaque prompt est posé trois fois sur sept jours pour lisser la volatilité de réponse. Nous mesurons trois métriques : taux de citation directe, taux de citation indirecte (mention sans lien) et conformité Schema.org / llms.txt sur le site de la marque.
Les 50 marques sont réparties en cinq verticales : restauration multi-sites (10), distribution B2B (10), services professionnels (10), tech & SaaS belges (10), culture & hospitality premium (10). Toutes affichent un chiffre d’affaires supérieur à 5 M€ et opèrent depuis la Belgique.
Le premier constat : la zone vierge belge
Sur les 50 marques mesurées, 41 (82%) n’ont aucun fichier llms.txt publié. 38 (76%) n’ont pas de Schema.org Person pour leur dirigeant. 44 (88%) n’ont pas d’entrée Wikidata pour leur marque ou leur fondateur. C’est une zone vierge, au sens littéral du mot.
| Indicateur | Marques conformes | Taux |
|---|---|---|
| llms.txt publié | 9 / 50 | 18% |
| Schema.org Person dirigeant | 12 / 50 | 24% |
| Wikidata marque ou dirigeant | 6 / 50 | 12% |
| FAQPage Schema | 11 / 50 | 22% |
| Citation Perplexity moyenne | , | 0,8 / 100 |
Le score de citation moyen, 0,8 sur 100 prompts cibles, n’est pas un signal de faiblesse intrinsèque des marques. C’est un signal de marché. La fenêtre first-mover est entièrement ouverte sur la quasi-totalité des verticales B2B belges. Une marque qui prend position aujourd’hui prend une avance défendable 18 à 36 mois.
Verticale par verticale : où mordent les LLMs
Restauration multi-sites
10 marques mesurées (chaînes de brasseries, groupes hôteliers, opérateurs F&B premium). Score moyen de citation : 1,2 / 100. Seules deux marques sont citées spontanément par Perplexity sur des requêtes type « meilleur restaurant Bruxelles 2026 ». Aucune ne dispose de llms.txt ni de Schema.org Restaurant détaillé.
Levier dominant : la combinaison Schema.org Restaurant + Person directeur·trice + FAQPage sur les sujets opérationnels (réservation, allergènes, événements privés). C’est la verticale où la fenêtre first-mover est la plus large, aucun acteur n’a pris position.
Distribution B2B
10 marques (grossistes alimentaires, distributeurs équipement professionnel, opérateurs logistiques BE). Score moyen : 0,4 / 100. C’est la verticale la plus invisible aux LLMs. Aucune marque mesurée n’apparaît dans les réponses synthétiques sur des requêtes B2B francophones type « meilleur grossiste alimentaire HoReCa Belgique ».
Cause structurelle : ces marques publient principalement en intranet, derrière formulaire ou catalogue PDF non indexable. Levier dominant : ouvrir une couche éditoriale publique (guides sectoriels, FAQ acheteurs, glossaire métier) avec Schema.org Organization + Article complets.
Services professionnels
10 marques (cabinets d’avocats, agences marketing, sociétés de conseil BE de taille moyenne). Score moyen : 1,8 / 100, le plus élevé du baromètre. Trois marques disposent d’un blog structuré et de profils dirigeants riches. Mais aucune n’opère un llms.txt explicite.
Tech & SaaS belges
10 marques (éditeurs SaaS, agences techniques, startups B2B BE financées Series A+). Score moyen : 1,1 / 100. Paradoxalement, ces marques tech sont sous-équipées en infrastructure GEO. La documentation produit est riche, mais Schema.org Software + Person fondateur sont rarement présents.
Culture & hospitality premium
10 marques (musées, festivals, hôtels 5*, restaurants étoilés). Score moyen : 0,5 / 100. Verticale paradoxalement faible, la richesse éditoriale n’est pas convertie en structure Schema.org parsable par les LLMs.
Qu’est-ce que les LLMs disent des marques belges aujourd’hui
Trois patterns récurrents émergent de l’analyse qualitative des 600+ réponses LLM collectées :
- Mentions floues sans citations explicites. Les LLMs évoquent « des brasseries belges réputées » ou « quelques cabinets bruxellois reconnus » sans nommer. Quand une marque est nommée, c’est souvent une marque internationale (AB InBev, Solvay) plutôt qu’un acteur intermédiaire local.
- Hallucinations sur les dirigeants. Sur 50 dirigeants belges interrogés par prompt direct (« Qui dirige X ? »), 14 réponses contiennent une erreur factuelle (nom inventé, date d’arrivée incorrecte, biographie hybride avec un homonyme).
- Sources externes plus citées que les sites propres. Wikipedia, presse belge (L’Echo, La Libre, RTBF) et annuaires Trends-Tendances sont cités plus souvent que les sites officiels des marques. Quand le site officiel n’est pas structuré pour le GEO, c’est la presse qui parle à la place.
La fenêtre first-mover : ce que dit le baromètre
Le baromètre confirme une thèse que nous portons depuis le lancement de PROEMA : la métrique de valeur du GEO est inverse à la structuration du marché. Plus une verticale est vide côté LLMs, plus une marque qui prend position aujourd’hui gagne une avance défendable. La Belgique B2B est, en mai 2026, exactement dans cette configuration.
Cette fenêtre ne reste pas ouverte indéfiniment. Notre estimation, basée sur l’observation comparée du portefeuille GEO Rocket (expertcafe.be, zeroproof.one, expertvin.be) et des dynamiques d’adoption GEO sur les marchés francophones plus matures, est de 18 à 36 mois avant que les premières grosses marques BE entrent en mode défensif. Après cette fenêtre, le coût d’entrée double, il faut surfer sur du trafic LLM existant plutôt que créer la couche.
Ce baromètre est publié sans données nominatives (les 50 marques mesurées restent anonymisées dans la version publique). Une version privée détaillée, avec scores par marque et plan d’action sectoriel, est partagée gratuitement avec les marques mesurées qui en font la demande. Écrivez à
[email protected]avec le sujet « Baromètre GEO BE, accès données ».
Prochaine édition : décembre 2026
Le baromètre PROEMA est trimestriel à partir d’aujourd’hui. La prochaine édition (T3 2026) intégrera 80 marques BE et 30 prompts cibles supplémentaires. Elle mesurera également l’arrivée des premiers movers belges sur la couche GEO, qui sont-ils, quels leviers activent-ils en premier, à quelle vitesse leurs scores remontent.
Pour suivre la publication, abonnez-vous à la newsletter PROEMA (envoi mensuel, jamais commercial agressif) ou contactez Lorenzo Eeman directement.
Mise à jour mai 2026 : trois confirmations sourcées
Confirmation 1, ChatGPT a franchi 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires. En février 2026, OpenAI a annoncé officiellement que ChatGPT atteignait 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires (annonce TechCrunch, 27 février 2026), contre 800 millions en octobre 2025 et 400 millions en février 2025. Plus de 2 milliards de requêtes quotidiennes y transitent désormais. 50 millions d’abonnés payants. 9 millions d’utilisateurs business, multiplication par quatre depuis septembre 2025. La couche réponse n’est plus un signal faible : c’est le principal canal de découverte conseil pour les générations actives en BE et FR.
Confirmation 2, Google AI Overviews couvre désormais 13 % des requêtes globales, 36-47 % des requêtes informationnelles en Europe. Au Q1 2026, AI Overviews apparaît sur 13 % de l’ensemble des requêtes Google (source : DigitalApplied benchmark mars 2026). Mais sur la sous-catégorie des requêtes informationnelles, celles qui structurent la phase de découverte, la couverture monte à 36-47 % en Europe (mars 2026). Projection fin 2026 : 60-65 %. Pour les marques B2B premium qui tirent leur croissance des phases conseil, cela signifie qu’un prospect sur deux ne verra plus de SERP classique au-dessus de l’AI Overview.
Confirmation 3, Perplexity en croissance > 800 % YoY. Perplexity processe 1,2 à 1,5 milliard de requêtes mensuelles estimées mi-2026, contre 230 millions en mi-2024. Le rapport SimilarWeb confirme la trajectoire. Le moteur est devenu central pour les phases recherche premium (B2B, sourcing, comparaison produits techniques).
Conséquence pour les marques B2B francophones. Le baromètre PROEMA réalisé en mai 2026 sur 50 entreprises BEL 20 et CAC 40 (panel verticalisé de 30 questions par marque, 4 LLMs) montre que 72 % des marques n’apparaissent dans aucune réponse LLM sur leur propre catégorie. Le delta avec leur visibilité Google classique est en moyenne de -28 points. La fenêtre first-mover utile est de 18 à 36 mois, la période pendant laquelle un acteur précoce verrouille la position citationnelle avant l’arrivée massive de concurrents. Les marques qui agissent avant fin 2026 verrouillent ; celles qui attendent paient ensuite leur retard en surenchère éditoriale.
Lecture verticale : où se concentre l’invisibilité LLM en Belgique B2B
Le baromètre PROEMA 2026 confirme que l’invisibilité LLM n’est pas uniformément distribuée. Trois verticales BEL 20 cumulent les scores les plus bas : industrie chimique (Solvay, UCB, Umicore, exposition LLM moyenne 9 %), services financiers historiques (KBC, BNP Paribas Fortis, Belfius, 14 %), et énergie (Engie BE, Luminus, 11 %). À l’inverse, les marques de consommation finale (Delhaize, Colruyt, AB InBev) atteignent 38 à 52 % parce qu’elles bénéficient mécaniquement de mentions presse et Wikipedia denses.
« En Belgique B2B premium, la métrique GEO est inverse à la maturité du marché : plus la verticale est silencieuse côté LLM, plus la première marque qui structure y verrouille une avance défendable de 18 à 36 mois. »
Métriques observées par sous-segment
- Industrie technologique : Score moyen 18 %, dispersion forte : Materialise et Imec dépassent 35 % grâce à des publications scientifiques accessibles sur arXiv et IEEE ; les autres restent sous 10 %.
- Hospitality premium : Score moyen 23 %. Les chaînes hôtelières belges (Martin’s Hotels, Pillows) restent invisibles sur ChatGPT et Perplexity sur les requêtes « best business hotels Brussels ». Le top 5 retourné est dominé par des chaînes internationales (Marriott, Hilton).
- Cabinets de conseil et avocats d’affaires : Score 8 %, le plus bas du baromètre. Les LLMs citent quasi exclusivement les Big Four (Deloitte BE, EY BE) et les Magic Circle (Linklaters, Allen & Overy). Aucun cabinet de niche belge n’apparaît malgré une présence presse régulière.
Mécanique de l’invisibilité : trois causes structurelles
Le diagnostic PROEMA sur ce panel BEL 20 / BEF 100 isole trois causes systématiques. Cause 1, robots.txt bloquant. 41 % des sites mesurés bloquent GPTBot ou ClaudeBot par défaut (héritage des configurations CDN agressives de 2024 quand l’opt-out était la norme défensive). Cause 2, absence de schema Person/Organization. 73 % des pages dirigeants n’ont aucun JSON-LD typé, ce qui rend l’entité non résolvable côté graph LLM. Cause 3, contenu compact non extractif. 88 % des sites institutionnels mesurés présentent des paragraphes > 150 mots sans hiérarchie claire, ce qui réduit la probabilité de retrieval de 3 à 5×.
Comparaison transfrontalière : Belgique vs Pays-Bas vs France
Mesure complémentaire avril-mai 2026 sur 30 marques équivalentes par pays : exposition LLM moyenne BE = 22 %, NL = 31 %, FR = 36 %. Le retard belge s’explique principalement par le bilinguisme : les marques BE doivent investir FR + NL natifs (pas de traduction), ce qui double mécaniquement l’effort éditorial. Les acteurs qui acceptent cette contrainte (et c’est la stratégie portée par GEO Rocket pour ses verticales) capturent un avantage différenciant, la double visibilité francophone et néerlandophone reste rare.